DEPENDANCES COMPORTEMENTALES


Qu’est ce qu’une dépendance comportementale ?

La dépendance comportementale ressemble à une addiction à une drogue ou substance dans le sens où elle monopolise l’esprit et la vie d’un individu. Il n’y a pas une seul dépendance comportementale, mais plusieurs.  Les dépendances comportementales sont une série de comportements maladaptives qui ont des conséquences néfastes pour la santé et le bien être de la personne plus ou moins de la même façon que les dépendances aux substances (par ex. les drogues comme la cocaine, l’alcool, l’héroine, le tabac, le cannabis, les amphetamines, et autres substances).  On utilize les critères diagnostiques de la dépendance aux subastance selon le DSM-IV américain en attendant la mise en place de critères spécifiques pour les dépendances comportementales qui seront incluses dans la nouvelle version du DSM-V courrant 2012. 

Les critères de dépendance selon la classification DSM-IV sont la presence d’au moins 3 des critères suivantes sur une période de 12 mois:

–focalisation sur recherche et consommation de la substance / du comportement
–désir persistant de consommer et efforts infructueux pour diminuer ou contrôler la consommation
–tolerance (besoin de consommer de plus en plus pour avoir le même effet)
–réduction des activités sociales, professionnelles ou loisirs (isolement)
–perte de contrôle
–poursuite de la consommation malgré les effets négatifs
–sevrage / état de manque


Des caractéristiques décrites chez les personnes qui ont des addictions aux substances (drogues, alcool, etc…) se manifestent parfois aussi chez les personnes avec une dépendance comportementale, notamment le secret (le comportement addictive est gardé secrète par la personne concerné par peur d’avoir hônte), l’évitement (l’activité addictive va aider la personne a éviter de faire face à ses sentiments), une sensation de vide intérieur (la personne essaye de combler un vide intérieur par sa consommation ou son comportement sans success).

Le cerveau humain, par le biais de son centre de recompense,  est capable de produire plusieurs molécules qui peuvent donner un sentiment de plaisir, de satiété, de pleinitude, de stimulation ou de jouissance.  Ces molécules sont libérés suite à la consommation de certains drogues, l’alcool, le cannabis ainsi que le tabac, parmi d’autres.  Notamment, certains états tel que le fait d’être amoureux, ainsi que certains comportements comme la consommation de certraines types de nourriture, les achats excessifs,  l’exercice prolongé, et le sexe, peuvent aussi stimuler la production de ces mêmes molecules dans le centre de recompense du cerveau.  Suite à la liberation de ces molecules de plaisir (notamment la dopamine, les endorphines et autres molecules) les comportements associés peuvent devenir une source de plaisir pour le cerveau par association. 
N’importe qui peut être atteint d’une dépendance comportementale. Mais la personne présente généralement une faiblesse psychique qu’elle va chercher à combler. Souvent, la personne va se sentir isolé.  Ainsi, une période de stress intense ou de dépression vont générer une volonté de compensation. Ainsi, un individu qui a besoin d’augmenter son plaisir à cause d’un état dépressif, d’un état de stress, ou d’une hypostimulation de son centre de plaisir, va ingérer certains produits ou désinhiber certains comportements pour s’auto-médiquer. Lorsqu’un comportement permet de limiter voire de supprimer ces symptômes désagréables, il peut devenir une sorte de drogue contre le mal être.  Ainsi,  et, consciemment ou inconsciemment, l’individu va tout faire pour reproduire ce plaisir..
Par contre, chez un individu sans problème particulier, un comportement excessif, le comblera mais il sera vite lassé et reprendra sa routine sans autre. Ceci est exactement comme la consommation festive d’alcool chez la personne qui n’est pas dépendante de l’alcool d’ailleurs.
Mais lorsque la routine implique de se sentir mal dans sa peau ou dans sa vie, à cause du rejet ou de la stigmatisation, de l’harcèlement, du mobbing,  le comportement qui va à la recherche de ce plaisir interne sera sans cesse répété. Ainsi, les personnes issues des minorités de toutes sortes, soit éthniques, culturelle, réligieuses, ou sexuelles sont particulièrement fragiles de ce point de vue. Ils  se sentent souvent rejetés par la société, par leurs collègues de travail, par leurs voisins ou familles. Ils peuvent alors se réfugier dans un comportement dépendant.

Parmi les dépendances comportementales les plus établies, on peut compter :


D’autres types de comportements compulsifs peuvent correspondre à des problématiques de dépendance, sans faire pour autant l’unanimité parmi les experts :


La personne qui souffre d’une dépendance comportementale va accomplir de manière répétitive et « obligatoire » une séquence comportementale précise (achats, jeu, vols, activité physique compulsive, nourriture compulsive, acte sexuel, arrachage de cheveux...). La séquence comportementale est utilisé pour modifier l’état émotionnel de la personne et modifie de manière significative sa vie sociale, familiale ou professionnelle. Les personnes atteintes présentent de nombreux symptômes classiques de dépendance, et notamment : une envie irrépressible du comportement ; l'abandon d'autres activités au profit du comportement électivement investi ; des conséquences négatives individuelles, familiales, sociales et professionnelles ; une perte de contrôle;  une tolérance pour l’activité; et une sensation de manque, d'anxiété ou de malaise en cas d'interruption du comportement.


A lire:  Traité d’addictologie, par Michel Reynaud, Editions Médecine-Sciences, Flammarion, octobre 2006.